La programmation d’un deuxième EPR dont la mise en production est
prévue en 2017 est en soi une bonne décision si on la considère en
terme de politique industrielle. Mais encore faut-il la replacer dans
un contexte plus global. Cette décision est celle du prince. Le MNLE
réclame l’établissement d'une politique de l'énergie française avec ses
prolongements européens qui soit largement débattue et dont le but
serait de cultiver les synergies entre les différentes sources et non
la concurrence. On ne peut laisser le secteur de l'énergie,
stratégiquement fondamental pour l'économie, la vie des gens, le
climat, qui nécessite des investissements sur le long terme, livré à la
volatilité du marché et à la spéculation.
5 objectifs à une telle politique :
- répondre aux besoins, avec le souci prioritaire d'efficacité de l’utilisation de l'énergie, de lutte contre les gaspillages,
- réduire
les émissions de CO2 pour aboutir à une diminution d’un facteur 4 d’ici
2050 en réduisant les consommations de combustibles fossiles, être le
moteur de l’Europe dans ce domaine,
- garantir la sécurité d'approvisionnement (dans ce domaine l'UE peut jouer un grand rôle),
- aider les pays pauvres à s'engager dans une économie décarbonée.
Le
MNLE se prononce pour un développement volontariste des énergies
renouvelables. Ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas développer le
nucléaire civil dans de bonnes conditions :
- sans relâchement dans la sûreté des installations au niveau de la conception et de l’exploitation des installations,
- en
poursuivant la politique de gestion des combustibles et des déchets
radioactifs engagée depuis la loi de décembre 1991 et précisée par la
loi du 28 juin 2006 et en renforçant la coopération internationale dans
ce domaine.
Le développement de la filière électrique
s’impose d’autant plus que les derniers froids ont montré la fragilité
du système national et européen de production d’énergie électrique.
L’électricité
est un bien commun indispensable à la vie quotidienne. Le MNLE souhaite
développer l’action, au niveau national, européen et international,
pour soustraire sa production au système marchand.
Le MNLE pose comme conditions au développement du nucléaire civil :
- le maintien autour d’EDF de tous les savoir-faire concernant la construction et l’exploitation de toutes les centrales,
- la limitation de la sous-traitance et la clarté sur les conditions de travail,
- la transparence dans l’utilisation de la rente nucléaire d’EDF et son utilisation pour le bénéfice de la nation,
- le maintien du tarif régulé.
Ainsi
dans le contexte où le profit est déjà devenu la règle d’or de l’ancien
secteur nationalisé et avec la perspective de l’introduction de
Suez-GDF, éventuellement de Total, dans le projet EPR2, qui préluderait
à une déstructuration de la filière électrique française, ce projet ne
répond pas actuellement à la construction de coopérations sur la base
de logiques publiques meilleures garantes aux yeux des citoyens
français de leur sécurité et de leur porte monnaie.
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