Le Mouvement National de Lutte pour l'Environnement vient de mettre
en place les "Jardins de l'Energie", portail interactif d'information
et de réflexion sur l'énergie.
La programmation d’un deuxième EPR dont la mise en production est
prévue en 2017 est en soi une bonne décision si on la considère en
terme de politique industrielle. Mais encore faut-il la replacer dans
un contexte plus global. Cette décision est celle du prince. Le MNLE
réclame l’établissement d'une politique de l'énergie française avec ses
prolongements européens qui soit largement débattue et dont le but
serait de cultiver les synergies entre les différentes sources et non
la concurrence. On ne peut laisser le secteur de l'énergie,
stratégiquement fondamental pour l'économie, la vie des gens, le
climat, qui nécessite des investissements sur le long terme, livré à la
volatilité du marché et à la spéculation.
La planète et la société vont mal. Le changement climatique n’est
plus contesté. C’est dans un tel contexte que s’est tenu le Grenelle de
l’Environnement. Cette rencontre était nécessaire. L’avenir dira
comment elle et si elle a été utile. Encore faut-il en faire une
analyse lucide. A notre avis, ce n’est pas seulement la question des
financements de mesures intéressantes, notamment pour les transports,
qui fait problème. Trois questions ont été trop peu ou pas abordées.
La Commission Européenne a engagé la procédure d'autorisation de deux nouveaux maïs OGM, Bt 11 de Syngeta et TC 1507 de Pioneer-Dow. Si cette procédure aboutit, elle aurait aussi pour conséquence de remettre en cause la suspension, par la France, de la culture du maïs OGM MON 810, après l'activation de la clause de sauvegarde au début de 2008, suite au Grenelle de l'Environnement.
L’agriculture productiviste est chimiquement et énergétiquement intensive. Ce qui veut dire que le rendement de la terre est forcé, piloté par la recherche d’un maximum de production avec une minoration de la quantité de travail, et l’externalisation des conséquences environnementales, écologiques et sanitaires (sols, eau, air, biodiversité, santé). Il y a usure du patrimoine naturel, qui dans ces conditions n’est ni illimité ni autoreproductible. Le sol est trop souvent réduit à générer de la rente ou à développer des productions à objectif spéculatif : on est loin de l’entité vivante, principal réservoir de biodiversité, garant de la qualité des réserves en eau que sont les sols, ressource fragile, peu renouvelable, mais indispensable à l’humanité toute entière.