La planète et la société vont mal. Le changement climatique n’est
plus contesté. C’est dans un tel contexte que s’est tenu le Grenelle de
l’Environnement. Cette rencontre était nécessaire. L’avenir dira
comment elle et si elle a été utile. Encore faut-il en faire une
analyse lucide. A notre avis, ce n’est pas seulement la question des
financements de mesures intéressantes, notamment pour les transports,
qui fait problème. Trois questions ont été trop peu ou pas abordées.
La Commission Européenne a engagé la procédure d'autorisation de deux nouveaux maïs OGM, Bt 11 de Syngeta et TC 1507 de Pioneer-Dow. Si cette procédure aboutit, elle aurait aussi pour conséquence de remettre en cause la suspension, par la France, de la culture du maïs OGM MON 810, après l'activation de la clause de sauvegarde au début de 2008, suite au Grenelle de l'Environnement.
L’agriculture productiviste est chimiquement et énergétiquement intensive. Ce qui veut dire que le rendement de la terre est forcé, piloté par la recherche d’un maximum de production avec une minoration de la quantité de travail, et l’externalisation des conséquences environnementales, écologiques et sanitaires (sols, eau, air, biodiversité, santé). Il y a usure du patrimoine naturel, qui dans ces conditions n’est ni illimité ni autoreproductible. Le sol est trop souvent réduit à générer de la rente ou à développer des productions à objectif spéculatif : on est loin de l’entité vivante, principal réservoir de biodiversité, garant de la qualité des réserves en eau que sont les sols, ressource fragile, peu renouvelable, mais indispensable à l’humanité toute entière.