La réhabilitation de l’étang passe par l’arrêt total des rejets d’eau douce et de limons.
Les études de faisabilité technique montrent que c’est réalisable.
Deux types de solutions ont été avancées par le passé :

  1. Arrêt de la centrale de Saint-Chamas, entraînant celle de Salon. Cette solution est inacceptable, car :
    • Elle supprimerait une production de 1 milliard de kwh par an renouvelable et utilisable instantanément en pointe, dans une région qui ne produit que 50 % de ses besoins en électricité et alors que la France a l’obligation, devant la commission européenne, de porter sa production d’énergie renouvelable de 15 à 21 %. Cette production devrait être compensée par l’utilisation d’énergie fossile, le fuel dans le cas présent conduirait à rejeter près de 900 000 tonnes de CO2 supplémentaires dans l’atmosphère, entraînant des sanctions financières lourdes pour la France et irait à l’encontre de tous les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et du développement durable.
    • Elle obligerait EDF à déverser à Mallemort le débit des autres centrales dans la basse Durance, par à coups de 250 M3 par seconde, incompatible avec la sécurité du lit et les usages établis. Le SMAVD* y est d’ailleurs opposé à juste titre.
    • Les autres centrales de la chaîne Durance-Verdon ne pourraient plus faire face aux pointes de consommation, et l’étalement des rejets devrait être compensé par une production supplémentaire à partir du fuel et donc par un nouveau surcroît de rejet de CO2.
    • l’alimentation des canaux agricoles serait compromise

    *Syndicat mixte d’aménagement de la vallée de la Durance

  2. La mise en place des canalisations permettant d’évacuer tous les débitsdans la mer sans passer par l’étang, en maintenant la production d’électricité renouvelable
    (1 milliard de Kwh/an) et la souplesse d’utilisation de toute la chaîne depuis Serre-Ponçon (8 milliards de Kwh/an).

etangdeberreNous exclurons de cette famille tout ce qui conduirait à détruire un milieu naturel et à déplacer les nuisances. Le canal à travers la Crau écarté depuis longtemps, par exemple, ressorti récemment des oubliettes avec 8 mini centrales, a été rejeté fort justement par les associations de la Crau, par le MNLE 13, l’Etang Marin, les pêcheurs, les Maires, le Conseil Général et le Conseil Régional, le SMAVD… Le GIPREB* a pris acte de son abandon. Il faut tenir compte, entre autre des zones protégées par Natura 2000… et l’Europe.
Le bureau d’étude chargé par la DIREN et EDF d’étudier les différents projets, n’en a plus que trois en chantier : le siphon jusqu’au Rhône, une variante avec une partie en canal à ciel ouvert, et diverses variantes nouvelles d’un canal de surface qui serait supposé contourner la Crau en remplacement du projet rejeté.
Le siphon vers le Rhône, à partir de Saint Chamas, est la seule solution qui supprime totalement les rejets dans l’étang, maintient la production hydro-électrique ainsi que la souplesse de la chaîne des 18 centrales depuis Serre-Ponçon. Il permet également le chargement de tankers d’eau douce à Fos ainsi que l’évacuation des limons accumulés dans l’étang et dans les diverses retenues de la chaîne qui retourneront à la mer par la voie naturelle, le Rhône, contribuant à reconstituer la Camargue.
La production d’énergie renouvelable de la chaîne pourra donc être prolongée au delà de la durée envisagée à l’origine et l’étang retrouver sa profondeur initiale autour du déversoir actuel de la centrale de Saint-Chamas. C’est la seule qui respecte les milieux naturels, et évite les expropriations.

* Groupement d’Interêt Public pour la Réhabilitation de l’Etang de Berre.

La politique de développement durable a été proclamée par les plus hautes instances de la République. Voila un moyen de passer aux actes.
Parmi les solutions abandonnées par le bureau d’études parce que totalement inadaptées aux nécessités, voire contraires aux résultats recherchés,

  • ”les 2/3 – 1/3” : c’est-à-dire arrêt aux 2/3 de Salon et Saint-Chamas, perte de 700 millions de Kwh/an, rejets dévastateurs à Mallemort, réduction de la capacité de pointe de la chaîne, augmentation des émissions de CO 2 (+600.000 tonnes), avec tout de même un rejet à l’étang de 1,2 milliards de M3 d’eau douce par à-coups et de 100.000 tonnes de limons.
  • le pompage-turbinage qui consisterait à supprimer totalement la production des deux centrales et à les utiliser comme accumulateurs heures creuses couplées à deux bassins, haut et bas, d’un volume minimum de 11 millions de M3 pour une amplitude de 12 heures, (à titre de comparaison, l’Etang de Bolmon a un volume de 8,5 millions de m3 et 600 ha !) avec en plus tous les inconvénients de l’arrêt simple, y compris pour la Durance et la chaîne des centrales, car on utilise toujours la même eau ! en plus, il faut compter 30 % de perte d’électricité dans le fonctionnement !

canal-etangdeberreSes défenseurs ne cachent pas que l’objectif final est la suppression totale de la production des 18 centrales, avec toutes ses conséquences (perte de 8 milliards de Kwh, + 7millions de tonnes de CO2).
La condamnation de la France… ça fait longtemps qu’on en parle. Les attendus du jugement de la cour de justice européenne confirment ce que nous disons depuis longtemps et s’appuient sur les études du GIPREB.
Mais il ne s’est pas encore trouvé de tribunal pour ordonner l’arrêt des centrales. Comment la cour européenne pourrait-elle le faire sans risquer une autre procédure relative aux accords de KYOTO ?
Et ceux qui voudraient traverser la Crau être traînés en justice pour non respect de Natura 2000 ?
La probable réponse à l’Europe annoncée le 23 février par les ministères de l’Economie et du développement durable n’apporte rien quant au maintien de la production hydroélectrique.
Seule, la solution du siphon… permettra de sortir de l’ornière.

Les finances : ça coûte cher ?
Il faut voir de quoi on parle ! Il n’y a pas de solution « à bon marché » et l’amortissement peut se faire sur 50 ans ou plus. Ca prendra du temps et de  l’argent, mais le développement durable est à ce prix ! Il suffirait pour le financer d’une infime partie des sommes déboursées par l’Etat, donc le contribuable, pour le Crédit Lyonnais et Executive Life.
Et il faudra peut-être que l’Europe, qui a eu un reliquat de 7 milliards d’Euros de subventions non distribuées en 2002 participe aux dépenses nécessaires à l’application de ses propres directives !

Le schéma d’aménagement pour un contrat d’étang
La dérivation des eaux après Saint-Chamas est la plus importante des actions de la réhabilitation. Mais elle n’est pas suffisante et l’expérimentation du pompage d’eau de mer par le tunnel du Rove, décidée et financée, n’attend plus que la désignation du maître d’ouvrage, mais l’Etat voudrait maintenant que le Conseil Général devienne, propriètaire du tunnel, et en assume toutes les charges. Nos associations participent au sein du GIPREB à l’élaboration d’un schéma d’aménagement en vue d’un contrat d’étang couvrant tous les aspects de la réhabilitation et engageant tous ses acteurs.
Le 17 octobre 2005 a été signé un engagement des acteurs locaux, dont le MNLE 13 de finaliser le contrat d’étang.
Le GIPREB, organisme de concertation et de coordination des études, a fait un gros travail. Mais les décideurs sont les maires, les collectivités territoriales, les différents usagers, l’Etat.
Il y a eu des retards inacceptables.

….L’intervention du public auprès des élus à tous les niveaux est indispensable pour débloquer les dossiers. Mais pour agir il faut être informés, c’est le but des manifestations que nous organisons. D’autres actions seront proposées au public dans les mois qui viennent jusqu’à ce que les décisions qui s’imposent soient prises au plus haut niveau.

 

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